MÉDIATION ET ARBITRAGE
Médiation et arbitrage obligatoires
Certains différends liés aux condominiums doivent être résolus par le biais d’une médiation et d’un arbitrage obligatoires plutôt que par le Tribunal de l’autorité du secteur des condominiums ou les tribunaux.
De manière générale, il s’agit de différends concernant ce qui suit :
- conventions d’installations partagées
- budgets de la première année
- problèmes relatifs aux documents constitutifs ne relevant pas de la compétence du TASC
- modifications apportées aux parties communes par les propriétaires
- installations de systèmes de recharge des véhicules électriques
- autres questions
Les règlements administratifs des associations condominiales peuvent établir des procédures de médiation et d’arbitrage, qui peuvent varier d’une association à l’autre.
- Quelle est la différence entre la médiation et l'arbitrage?
- Quels différends doivent faire l'objet d'une médiation et d'un arbitrage?
- Qu'est-ce que le processus de médiation et d’arbitrage?
- Comment fonctionne la médiation obligatoire, étape par étape
- Comment fonctionne l'arbitrage obligatoire, étape par étape
- Études de cas de médiation et d'arbitrage
Quelle est la différence entre la médiation et l'arbitrage?
La médiation est un processus collaboratif et confidentiel mené par un tiers neutre, le médiateur, qui aide les parties à œuvrer ensemble pour essayer de trouver une solution qui convienne à tous. La médiation permet de préserver les relations et d’éviter des instances judiciaires longues et coûteuses.
L’arbitrage est également confidentiel et mené par un tiers neutre, l’arbitre, mais celui-ci a pour mandat de rendre une décision exécutoire sur le différend. L’arbitre oriente les parties dans la présentation de leur exposé des faits à travers un processus moins formel que celui des tribunaux. L’objectif est de trouver une résolution même si les parties ne parviennent pas à s’entendre.
Quels différends doivent faire l'objet d'une médiation et d'un arbitrage?
Qu'est-ce que le processus de médiation et d’arbitrage obligatoires?

Comment fonctionne la médiation obligatoire, étape par étape
Choisissez un médiateur tout en respectant les règlements administratifs de votre association condominiale.
La profession de médiateur n’est pas réglementée et les médiateurs n’ont pas besoin de permis pour exercer au Canada, mais l’Institut d’arbitrage et de médiation du Canada établit des normes informelles, propose des titres professionnels et fournit les coordonnées de personnes pouvant aider ceux qui recherchent des services de médiation et d’arbitrage. Quel que soit votre choix, assurez-vous de leur parler directement afin de vous assurer qu’ils sont disponibles et qu’ils possèdent l’expertise nécessaire pour traiter votre problème.
Certaines associations condominiales ont des règlements administratifs en matière de médiation qui fixent les critères s’appliquant aux médiateurs et les procédures de médiation à suivre. Ceux-ci peuvent inclure l’impartialité, l’absence de conflits d’intérêts, ainsi que des exigences en matière d’expérience et de formation.
N’oubliez pas que vous ou l’autre partie pouvez proposer un ou plusieurs médiateurs, mais toutes les parties doivent s’accorder collectivement sur le choix d’une personne.
Voici quelques questions à prendre en compte lors de la recherche d’un médiateur :
1. Le médiateur possède-t-il les qualités requises pertinentes?
2. Le médiateur respecte-t-il un code de déontologie?
3. Le médiateur a-t-il de l’expérience dans le secteur des condominiums?
4. Quand le médiateur a-t-il suivi la formation des administrateurs de l’OOSC?
5. Le style du médiateur me convient-il pour que je puisse participer pleinement en étant à l’aise?
6. Comment aborde-t-il le caractère confidentiel du processus de médiation?
7. Cela correspond-il à mon budget? Quel est le barème tarifaire du médiateur? Exigera-t-il un acompte avant la médiation et suis-je prêt à le payer?
8. La disponibilité du médiateur est-elle compatible avec mon emploi du temps et mon calendrier?
9. Le médiateur autorise-t-il des méthodes de participation qui me conviennent, comme des séances en ligne et en personne? Si la médiation se déroule en personne, il peut être important de tenir compte du lieu, car cela peut augmenter les coûts.
10. Le médiateur est-il impartial? A-t-il déjà travaillé avec des personnes impliquées dans mon différend?
11. Le médiateur a-t-il une assurance responsabilité civile professionnelle couvrant les actes de négligence, les erreurs ou les omissions dans le cadre du processus de médiation?
Dans le choix du médiateur, on pense souvent, à tort, qu’il faut se focaliser sur son taux de réussite en matière de règlement. Un médiateur ne peut garantir le règlement d’un différend. Il est préférable de se concentrer plutôt sur les questions indiquées ci-dessus.
Soumettez votre différend à la médiation
Une fois que vous avez repéré les médiateurs que vous souhaitez, vous pouvez utiliser notre modèle d’avis de soumission à la médiation pour signifier votre intention de recourir à la médiation et communiquer votre liste de médiateurs de premier choix à l’autre partie.
L’autre partie peut alors répondre en utilisant notre modèle de réponse à l’avis de soumission à la médiation.
Si les parties ne parviennent pas à s’entendre sur le choix d’un médiateur au cours de cet échange dans un délai de 60 jours, le différend peut être soumis à l’arbitrage.
Si les parties se mettent d’accord, le médiateur commencera à planifier la médiation.
Pendant la médiation obligatoire
Votre médiateur orientera le processus tout en communiquant de manière impartiale avec les deux parties, en les aidant à trouver une résolution. Normalement, le médiateur devrait créer un espace sûr pour le dialogue. De même, toutes les discussions devraient rester confidentielles, y compris les conditions de l’accord de règlement, sauf indication contraire.
Dans une médiation, c’est vous qui contrôlez l’issue, et votre médiateur vous aide tout au long du processus. La seule exigence à cet égard pour le médiateur prévue dans la Loi sur les condos est qu’il consigne par écrit le résultat de la médiation, ce qui peut être fait à l’aide de notre modèle de rapport de médiation.
Trouver un médiateur
Vous ne savez pas par où commencer vos recherches? Consultez notre page sur la recherche d'un médiateur
Trouver un médiateurComment fonctionne l'arbitrage obligatoire, étape par étape
Terminez la médiation et préparez-vous à l'arbitrage
De manière générale, vous pouvez soumettre votre différend à l’arbitrage 30 jours après que le médiateur a remis à vous et l’autre partie un avis indiquant que la médiation n’a pas résolu le différend.
Vous pouvez également passer à l’arbitrage 60 jours après avoir soumis le différend à la médiation si vous et les autres parties n’êtes pas parvenus à vous mettre d’accord sur un médiateur pendant cette période.
Choisissez un arbitre
Les parties doivent tenter de s’entendre sur le choix d’un arbitre. Cette personne obtient alors le pouvoir de rendre une décision exécutoire sur le différend.
Si aucun accord n’est trouvé concernant le choix d’un arbitre, une requête peut être déposée auprès de la Cour supérieure de justice afin qu’elle en nomme un, ce qui entraîne des coûts et des retards.
Les règlements administratifs des associations condominiales peuvent définir des critères ou une procédure pour la sélection de l’arbitre, qui doivent être respectés.
Que vous suiviez vos règlements administratifs, évaluiez la nomination de l’autre partie ou recherchiez votre propre arbitre, il peut être utile de vous poser les questions suivantes :
- L’arbitre possède-t-il les qualités requises pertinentes?
- L’arbitre respecte-t-il un code de déontologie?
- L’arbitre a-t-il de l’expérience avec des dossiers similaires?
- Quand l’arbitre a-t-il suivi la formation des administrateurs de l’OOSC?
- Le style et le processus de l’arbitre me permettent-ils de participer en étant à l’aise?
- Que signifie la confidentialité dans le cadre de mon arbitrage?
- Combien coûteront les services de cet arbitre? Y a-t-il des frais d’annulation ou une somme à verser à titre d’acompte?
- L’arbitre sera-t-il disponible au moment opportun pour m’aider à résoudre mon problème?
- L’arbitre autorise-t-il différents modes de participation qui me conviennent, qu’il s’agisse d’une procédure uniquement sur dossier, en ligne, hybride ou en personne? Y a-t-il des frais supplémentaires si l’arbitrage se déroule en personne?
- L’arbitre est-il impartial? A-t-il déjà travaillé avec des personnes impliquées dans ce différend?
- L’arbitre a-t-il une assurance responsabilité civile professionnelle couvrant les actes de négligence, les erreurs ou les omissions dans le cadre du processus de d’arbitrage?
- Combien de temps l’arbitre mettra-t-il pour rendre sa décision?
Pendant l'arbitrage
L’arbitre nommé pour régler votre différend est chargé de veiller à ce que le processus soit équitable et impartial. Il s’assurera que toutes les parties ont les mêmes possibilités de présenter leurs arguments, examinera les preuves et rendra une décision exécutoire. Contrairement à la médiation, où le médiateur peut avoir des échanges privés avec certaines parties seulement, l’arbitre communiquera avec toutes les parties en même temps.
Après l'arbitrage
L’arbitrage a pour but de mettre fin au différend. Les appels d’une décision d’arbitre qui aboutissent sont généralement limités et rares, car les tribunaux s’en remettent généralement à l’arbitre.
Si une partie ne se conforme pas à une sentence arbitrale, les autres parties peuvent saisir le tribunal afin d’obtenir une ordonnance d’exécution de la sentence. Cela risque toutefois de compromettre certains aspects confidentiels de l’arbitrage.
Trouver un arbitre
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Trouver un arbitreÉtudes de cas de médiation et d'arbitrage
Découvrez quelques études de cas pour mieux comprendre comment la médiation et l’arbitrage peuvent résoudre les différends relatifs aux condominiums.
Dale, propriétaire de condo, envisageait d’acheter un véhicule électrique. Il voulait d’abord s’assurer qu’il pouvait installer un système de recharge pour véhicules électriques sur sa place de stationnement.
Après s’être renseigné, Dale s’est rendu compte qu’il valait mieux obtenir l’autorisation de son association condominiale pour installer la borne de recharge qu’il souhaitait sur sa place de stationnement. Dale a rédigé une requête d’installation d’un système de recharge de véhicules électriques et l’a envoyée par courriel au gestionnaire de condos.
Plusieurs mois se sont écoulés sans réponse, et Dale a donc décidé de soumettre la question à la médiation. Dale a examiné les documents constitutifs de son association condominiale et n’a pas trouvé de règlement administratif sur la médiation et l’arbitrage.
Dale a utilisé le modèle d’avis de soumission à la médiation de l’OOSC pour proposer une médiation en ligne avec son association condominiale, en suggérant trois médiateurs avec lesquels Dale se sentait à l’aise. L’avocat de l’association a répondu en acceptant l’un des médiateurs suggérés par Dale. Les parties ont été guidées par le médiateur et ont pu parvenir à un règlement du différend. Dale a pu procéder à l’achat de son véhicule électrique en toute tranquillité, sachant que des dispositions avaient été prises avec son association condominiale pour installer une borne de recharge adaptée.
Jordan était propriétaire de condo et avait le pouce vert. Il souhaitait installer des jardinières permanentes sur son balcon. Après avoir examiné les documents constitutifs de l’association condominiale, Jordan s’est rendu compte que son balcon était une partie commune à usage exclusif et que l’association devait approuver l’installation. Le conseil d’administration a approuvé l’installation des jardinières et Jordan a conclu une convention de transformation avec son association, qui a été enregistrée sur le titre de propriété de sa partie privative.
Une fois la convention enregistrée, Jordan a procédé à l’installation des jardinières et a pu profiter des plantes sur son balcon. Malheureusement, certains voisins n’ont pas apprécié, et l’association condominiale a reçu des plaintes concernant des ruissellements et des dommages causés aux balcons situés en dessous. Face à cette situation, le conseil d’administration a envoyé à Jordan une lettre révoquant l’autorisation d’installer les jardinières.
Jordan ne pensait pas que le conseil d’administration avait raison de changer d’avis et a appris que les différends relatifs aux conventions de transformation doivent, selon la loi, faire l’objet d’une médiation et d’un arbitrage obligatoires. Les règlements administratifs de l’association condominiale stipulaient que les parties devaient d’abord tenter de négocier pour essayer de régler le différend avant de passer à la médiation.
Jordan et le conseil d’administration ont tenté de régler le problème eux-mêmes, mais sans succès. L’association condominiale a alors soumis le différend à la médiation. Jordan n’était pas sûr du choix des médiateurs proposés par l’association. Après avoir trouvé un médiateur au coût abordable avec lequel il était à l’aise, Jordan a répondu à l’association condominiale en acceptant la médiation et en proposant le médiateur souhaité, ce que l’association a accepté.
Malgré des efforts sincères pour régler le différend par la médiation, Jordan et son association condominiale n’ont pas réussi à trouver une résolution mutuellement acceptable. Le médiateur a rédigé un rapport confirmant l’échec de la médiation, et Jordan et son association condominiale ont alors décidé de recourir à l’arbitrage. Ils se sont mis d’accord sur le choix d’un arbitre et ont suivi ses conseils pour présenter leurs arguments et fournir les preuves à l’appui de l’issue qu’ils souhaitaient obtenir. L’arbitre a rendu une sentence pour trancher le différend.